La ministre rwandaise des Affaires étrangères en visite à Kinshasa

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Madame Louise Mushikiwabo

La ministre rwandaise des Affaire étrangères est arrivée lundi à Kinshasa pour évoquer avec son homologue congolais la mutinerie en cours dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où les mutins ont, selon le gouvernement congolais, reçu le renfort de Rwandais recrutés au Rwanda.

La ministre rwandaise Louise Mushikiwabo rencontrait depuis le milieu d’après-midi son homologue Raymond Tshibanga, a constaté l’AFP.

La chef de la diplomatie rwandaise est venue naturellement pour parler (…) sur la question de l’est de la RDC, a déclaré à l’AFP le porte-parole du gouvernement congolais Lambert Mende.

Les relations entre les deux voisins se sont tendues après les accusations de Kinshasa sur la présence dans la province du Nord-Kivu (est) de 200 à 300 hommes, dont des Rwandais, recrutés sur le territoire du Rwanda d’où ils sont partis renforcer les mutins ex-rebelles congolais qui s’affrontent depuis un mois aux Forces armées de la RDC (FARDC).

Lambert Mende avait dénoncé le 9 juin la passivité ou plus des autorités rwandaises dans cette affaire.

Mme Mushikiwabo avait réagi à ces déclarations en évoquant un gros mensonge, et disant comprendre que le Rwanda soit utilisé comme bouc émissaire par le gouvernement congolais dans une tentative de détourner l’attention de ses problèmes domestiques.

M. Tshibanga a effectué ces derniers jours une mini tournée à Kampala, Dar-Es-Salaam, Bujumbura et Luanda pour évoquer avec les présidents ougandais, tanzanien, burundais et angolais la situation sécuritaire au Nord-Kivu et l’implication de plus en plus avérée de l’un des pays voisins dans la détérioration de cette situation, selon un communiqué de ses services, dans lequel le Rwanda n’est jamais nommément cité.

Le présence de présumés Rwandais parmi les mutins a été révélée après la fuite d’un rapport interne de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco). L’information a été confirmée en détail dans un rapport de l’ONG Human Rights Watch (HRW).

Selon l’ONG, le général en fuite Bosco Ntaganda, accusé par Kinshasa d’être l’instigateur de la mutinerie, a reçu le soutien de responsables militaires rwandais qui l’ont approvisionné en armes et munitions et lui ont fourni les recrues venues du Rwanda.

Dans une déclaration vendredi où le Rwanda n’est pas cité, le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé à une enquête complète à la suite de ces rapports crédibles sur le soutien extérieur apporté aux groupes armés dans cette province.

Les mutins, qui se revendiquent du Mouvement du 23 mars (M23) officiellement dirigé par le colonel Sultani Makenga, sont des ex-membres de la rébellion tutsi-congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégrés dans les FARDC dans le cadre d’un accord de paix avec Kinshasa signé le 23 mars 2009, dont ils réclament la pleine application.

Ils ont commencé à déserter début avril et sont regroupés depuis mi-mai sur plusieurs collines dans une petite bande du parc des Virunga, frontalière avec l’Ouganda et le Rwanda, où l’armée ne parvient pas à les déloger.

Le général Ntaganda est recherché par la Cour pénale internationale pour enrôlement d’enfants quand il était dans une autre milice au début des années 2000. Il était le chef d’état-major du CNDP et Makenga son adjoint dans cette rébellion à l’époque soutenue par le Rwanda, selon des rapports de l’ONU.

Source: AFP

 


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