Archive pour 24 mars, 2012

« Il n’y aura jamais de paix dans la région des Grands Lacs tant que Kagame restera au pouvoir »

22 Mars 2012 (MO*) —
Aussi bien Patrick Karegeya que le général Kayumba Nyamwasa ont été pendant des années impliqués dans la politique étrangère du FPR. Karegeya en tant que chef des services externes de renseignements et Kayumba comme officier supérieur qui a, avec d’autres officiers tels que James Kabarere, préparé les différentes guerres au Congo.

Kabila et Kagame en Goma, août 2009.

En 1996, le Congo a raté une grande chance par suite du meurtre de Marc Mahélé, nous dit Kayumba. Laurent Desiré Kabila n’était pour nous qu’une figure de transition et nous avions une plus grande confiance en Mahélé. Bosco Ntaganda, l’actuel homme fort dans les Kivus est un malfaiteur, ajoute encore Patrick Karegeya. La population Rwandophone des Kivus n’est pas satisfaite de la marche actuelle des affaires et cela va coûter cher à Kagame. ‘La communauté internationale sait très bien ce qui se passe en coulisses au Rwanda et au Congo, mais ne réagit pas. C’est criminel ! Lorsque ce volcan somnolent entrera bientôt en éruption, les diplomates étrangers pourront difficilement prétendre qu’ils n’étaient pas au courant.’

Pourtant, la plupart des diplomates étrangers pensent que vous exagérez. L’un d’eux m’a raconté que les contacts avec le gouvernement Rwandais étaient très difficiles, mais que le Rwanda est devenu un rocher solide dans le déferlement d’une mer Africaine très agitée.

Patrick Karegeya: C’est une déclaration facile. Et savez-vous pourquoi ce diplomate trouve les contacts avec le Rwanda si difficiles ? Probablement parce qu’il sait très bien qu’il y a une différence énorme entre l’apparence et la réalité. Mais seulement, il n’ose l’avouer tout haut.

Les Américains et les Anglais ont été pendant un certain temps fascinés par la discipline et l’approche du nouveau régime de Kigali. Kagame a aussi bravement fourni des soldats pour les forces de paix Africaines au Darfour, il transforme son pays en un état Anglophone modèle et se montre un grand défenseur de l’Amérique dans sa lutte contre le terrorisme musulman. Mais sa construction présente déjà des failles.

Il y a peu, le ministère Américain des Affaires Etrangères a admis que les droits de l’homme sont violés au Rwanda. Les Belges, anciens colonisateurs, se tiennent prudemment en retrait, mais savent pertinemment bien ce qui se passe. Tout cela est également lié à la situation au Congo : les grandes puissances savent que Kagame a les mains libres au Congo et elles ne veulent pas le provoquer. Croyez-moi, elles savent très bien ce qui se passe en coulisses. Et je trouve criminel de ne pas réagir à cela plus énergiquement.

Comment analysez-vous la politique Congolaise de Kagame ?

Patrick Karegeya: Une chose est sûre : il n’y aura pas de paix dans la Région des Grands Lacs tant que Kagame restera au pouvoir. Son intention est claire : contrôler les 2 Kivus et les exploiter. Kabila sait qu’il ne peut pas contrôler l’Est du Congo sans l’aide de Kagame. Ou pour dire mieux : il veut donner l’impression que lui – Kabila – est toujours encore le chef. Car, toute l’économie des Kivus est orientée vers le Rwanda, l’Ouganda et la Tanzanie. Tout est administré par des partisans et des collaborateurs de Kagame. Dans le passé via le mouvement rebelle RCD (‘Rassemblement Congolais pour la Démocratie’) , plus tard par Laurent Nkunda et maintenant par Bosco Ntaganda.

Les milices les plus importantes de l’Est du Congo sont presque toutes équipées et armées par Kigali. Cela se fait de manière très opportuniste : les chefs des milices doivent obéir à Kagame et ne peuvent pas, par eux-mêmes, devenir trop entreprenants. Ceux qui commencent à devenir arrogants sont mis de côté. Regardez ce qui est advenu de Laurent Nkunda. Nkunda devenait trop menaçant pour Kabila et était près d’annexer tout le Kivu : Kagame ne pouvait le laisser faire.

Nkunda a stabilisé les Kivus. Lorsqu’il est devenu trop fort et que les Nations Unies ont marqué leur préoccupation à ce propos, Kagame l’a tout simplement éloigné et remplacé par Bosco Ntaganda. Des anciens partisans de Nkunda, qui refusaient de s’allier à Ntaganda, ont été poursuivis et assassinés. Ainsi Kagame a vendu la cause des Banyarwanda Congolais à Kabila. C’est la raison pour laquelle la plus grande majorité des Hutus et Tutsis Congolais sont devenus hostiles à Kagame. Cela va lui coûter cher à l’avenir.

Joseph Kabila ne fera plus au Kivu la même faute que son père au Kivu. En 1997, Papa Kabila avait commencé à réarmer les extrémistes Hutus pour déstabiliser le Rwanda. Il en a résulté une nouvelle invasion du FPR à Kitona qui lui a presque coûté la tête. In extrémis, il a encore reçu l’aide des Angolais.

Pour le Congolais moyen, il est inacceptable que les Rwandais se comportent en maîtres dans l’Est du Congo, et je peux les comprendre. Car revenir aux anciennes frontières d’avant la colonisation, ce n’est pas réaliste. Comme les choses se présentent aujourd’hui, Kabila peut encore quand même, pour ses partisans et pour la communauté internationale, donner l’impression que l’Est fait toujours encore partie du Congo. L’homme est très affaibli et tout comme Kagame, il doit s’abaisser à des tricheries pour gagner les élections.

Croyez-moi, pas un seul homme fort de Kigali n’a le moindre respect pour ce jeune homme. Kagame lui pisse sur la tête et Kabila ne peut que l’en remercier ! En nous accusant de collaborer avec le FDLR, Kagame espère que par là nous nous attirerions aussi la colère des Tutsis et Hutus Congolais. Mais ceux-ci savent bien mieux.

Déjà depuis des siècles, les rapports entre les Banyamulenge, les Tutsis du Sud-Kivu, et le pouvoir central du Rwanda sont tendus. Savez-vous que les combattants les plus endurcis de l’ancien FPR vivent actuellement cachés dans les provinces du Kivu ? Ils ont dans le temps (1990-1994) aidé à libérer le Rwanda, mais ont été payés d’ingratitude. Ils ont aussi délivré le Congo de Mobutu. Ils sont indignés qu’un gangster comme Bosco Ntaganda soit le maitre dans leur région. N’oubliez pas que la plupart des Tutsis Congolais ont toujours encore de la famille au Rwanda et qu’ils ne peuvent même pas parler leur langue maternelle, le Français. Les soldats Francophones sont aussi discriminés dans l’armée Rwandaise. Cela irrite beaucoup de gens.

Savez-vous que les meilleures troupes de l’ancien ‘Mouvement pour la Libération du Congo’ (MLC) de Jean-Pierre Bemba étaient des Banyamulenge ? Ces garçons faisaient dans le temps partie du FPR, mais ne se sentaient pas chez eux au Rwanda. Ils sont donc rentrés au Congo et beaucoup sont devenus mercenaires. Ils ont dépassé les bornes en République Centrafricaine et pour cette raison Bemba est en prison à La Haye. Mais ces bataillons ‘perdus’ font maintenant partie de l’armée Congolaise. Ces soldats se sentent trahis et maltraités, et si demain quelqu’un se présente qui leur garantit un meilleur avenir, ils le suivront. La méfiance envers le pouvoir central Tutsi de Kigali leur a été donnée avec le biberon.

Kayumba Nyamwasa: Le Congo a manqué sa grande chance en 1996, lorsque le général charismatique Marc Mahélé a été assassiné. Pour nous, ce général était destiné à succéder à Mobutu. Il était le seul général formé et discipliné de l’armée Congolaise.

Nous nous connaissions très bien : comme représentant du FPR, j’allais régulièrement en visite chez Mobutu et ainsi nous sommes entrés en contact. La manière par laquelle il a mis fin aux pillages de 1991 et 1993 a forcé le respect. Il était une des quelques figures respectées par tous les Congolais. Lorsque nous avons pénétré au Rwanda pour la première fois en 1991, Mobutu a envoyé tout de suite des unités spéciales pour aider la petite armée Rwandaise mal entrainée. Mahélé en était le commandant. Par mon intervention, le général a pu convaincre Mobutu de retirer ses unités du Rwanda.

Pour nous, Laurent Kabila n’était qu’une solution de transition. Une fois arrivé à Kinshasa, nous voulions le remplacer par Mahélé. Mais le général a été assassiné par un des fils de Mobutu. Nous lui avions demandé de se planquer et d’attendre le juste moment pour reprendre le pouvoir à Kabila, mais il a refusé d’abandonner son poste. C’est très dommage ! Si Mahélé avait encore vécu, Kagame n’aurait jamais pu fouler aux pieds les Congolais.

Je connais presque tous les chefs traditionnels des provinces du Kivu et je sais qu’ils sont très mécontents de la situation actuelle. Le Congo vit aujourd’hui autant sur un volcan que le Rwanda. Il ne faudrait qu’une petite étincelle pour que tout explose à nouveau.

Lors de votre fuite, vous vous êtes réfugiés en Ouganda et y avez été aidés par différents ‘officials’. Plusieurs fois, l’armée Rwandaise en était venue aux mains avec l’armée Ougandaise au Congo. Mais pour le moment à nouveau, Museveni et Kagame filent doux.

Patrick Karegeya: C’est juste ! Pour une personne extérieure, les relations et les tensions entre les Rwandais et les Ougandais sont souvent incompréhensibles. Mais notez pourtant que l’Ouganda connaît une certaine forme de liberté de presse et que les partis d’opposition y sont libres d’agir.

Mais c’est un fait que Museveni est au pouvoir depuis longtemps. Dans le passé, nous avons fait partie de son armée et jusqu’au début des années ’90, tout le monde croyait que nous étions des Ougandais. Nous y avons de la famille et des frères d’armes. Museveni était alors comme un père pour nous.

Paul Kagame était alors à la tête des services de renseignements de Museveni et connaît le pays presqu’aussi bien que ce dernier. Et nous y avons aussi nos contacts. Museveni et Kagame se sont disputés à propos de la question Congolaise. C’est dû en fait à leur égo : tous deux veulent se profiler comme étant les leaders principaux de la région, mais des intérêts économiques sont naturellement aussi en jeu.

Mais Kagame a planté le fer dans le dos du président Ougandais lorsque, à Kisangani, il a donné à un de ses colonels l’ordre d’attaquer les troupes Ougandaises. Depuis lors, ce n’est jamais redevenu comme avant entre eux : Kagame finance des partis et journaux d’opposition en Ouganda. Museveni ferme les yeux. Kigali met aussi la pression sur le régime Ougandais pour qu’il empêche le flux toujours grandissant de réfugiés Rwandais.

C’est vrai qu’aussi bien Kayumba que moi-même ont pu fuir vers l’étranger via l’Ouganda. Mais je ne vais pas révéler qui nous a aidés, ni quelle était notre route. Museveni doit être plus malin, car Kagame peut lui mettre des bâtons dans les roues. C’est pourquoi il a fêté le dernier Noël avec Kagame et ils vont régulièrement en visite l’un chez l’autre. Kagame peut se vanter d’avoir de la famille en Ouganda, mais nous en avons aussi !

Kayumba Nyamwasa: C’est juste ! Nous avons aussi beaucoup de soutiens en Ouganda. Pourtant, il est inacceptable que les opposants et réfugiés Rwandais ne soit pas du tout protégés par les autorités Ougandaises. La volonté existe bien, mais un policier qui n’a plus reçu de salaire depuis des mois est facile à soudoyer.

Les gens qui m’ont descendu l’année dernière en Afrique du Sud sont de simples tueurs à gages. J’ai regardé droit dans les yeux de l’homme qui tirait : il ne montrait pas d’émotion. Pour lui, c’était un job comme un autre. Pour de l’argent, on fait beaucoup et en Afrique, chacun a besoin d’argent.

Plus grave pourtant, c’est quand les services de sécurité mettent des compatriotes sous pression pour espionner leurs propres amis et membres de la famille. C’est criminel ! Les Interahamwe le faisaient aussi en 1994: ceux qui refusaient de prendre part aux tueries étaient eux-mêmes abattus. L’Histoire se répète, mais personne n’aurait pu penser que ça se passerait aussi vite (voir 4me partie).

L’auteur publie cet article sous un pseudonyme pour ne pas mettre en danger sa famille et ses amis au Rwanda.

« Le Rwanda est le seul pays au monde où le paradis et l’enfer se touchent”

22 Mars 2012 ( MO* ) —
Selon le général Kayumba Nyamwasa et Patrick Karegeya, le Rwanda de Kagame n’est qu’une bulle de savon luisante qui peut éclater à chaque instant. ‘La base de pouvoir du régime est en train de se rétrécir tellement que Kagame règne maintenant en véritable despote’, nous dit Patrick Karegeya. ‘La situation au Rwanda est à l’heure actuelle extrêmement explosive, tout peut arriver.’

Le général Kayumba avec Paul Kagame en Kigali, juillet 2000

Le général Kayumba va encore plus loin:’Nous avons lutté pendant des années pour chasser le dictateur Habyarimana et devons maintenant constater que nous l’avons seulement remplacé par un autre tyran. Nous ne pouvons pas continuer à nous battre. Moi-même je suis partisan d’une solution pacifique.’

‘Mais vous ne pouvez combattre un tel régime que si vous avez la vérité de votre côté. Je suis accusé en Espagne de crimes contre l’humanité et je vais aller me présenter à la justice Espagnole. Je suis innocent. C’est seulement après ça que je pourrai me consacrer entièrement à l’opposition à Kagame.’

De nombreuses personnes prétendent que le Rwanda est pour le moment un des pays les plus prospères et sûrs de l’Afrique. Le réseau routier a été rénové, il est possible d’aller voir les gorilles sans risques et la sécurité existe dans les rues. De plus, le Kigali d’aujourd’hui ne peut pas être comparé à celui d’il y a 20 ans.

Patrick Karegeya: Oui c’est vrai! Notre réponse est que ces développements sont très artificiels. Tout le secteur du bâtiment et une grande partie de celui du tourisme sont aux mains d’hommes d’affaires ayant des relations étroites avec Kagame. L’homme a, directement ou indirectement, des participations dans tous les nouveaux hôtels en construction. Si vous parlez à des hommes d’affaires qui ne veulent pas participer à ce petit jeu, vous remarquerez directement qu’il règne beaucoup de mécontentement dans ces milieux : le Rwanda est un petit pays dans lequel les hommes d’affaires ont des difficultés à survivre.

Ceux qui refusent de payer des impôts astronomiques et font connaître leurs griefs, sont rapidement mis hors circuit. Les plus grands bénéfices vont toujours aux fidèles de Kagame, qui doivent ensuite transférer une partie des gains vers ses comptes. Tout le monde le sait ! Mais personne n’ose le proclamer. Si un homme d’affaires ose prendre une initiative intéressante et commence à gagner de l’argent, on lui donne le choix : cracher ou déguerpir !

Le secteur agricole entier est démembré par le gouvernement : on oblige les petits paysans des collines à ne planter qu’une sorte de culture qui doit servir à l’exportation. Cela alors que ces gens cultivaient surtout ce qui pouvait nourrir leur propre famille. L’insécurité parmi les paysans, surtout des Hutus qui n’avaient de toute façon pas de grande considération pour Kagame, augmente de jour en jour.

La vie à Kigali est en train de devenir très chère : les gens ont des difficultés à maintenir la tête hors de l’eau. Les éleveurs sont mécontents parce que le gouvernement les oblige à élever une nouvelle race de vaches. De petits éleveurs, qui ne peuvent pas se permettre d’acheter des vaches Néerlandaises ou Suisses très chères pour les croiser avec la traditionnelle vache à grandes cornes, sont marginalisés. Ainsi tout le cheptel tombe aux mains de quelques grands éleveurs. Vous savez que dans la culture Tutsi traditionnelle les vaches faisaient surtout fonction d’épargne. Les Tutsis moins riches ne peuvent plus se le permettre maintenant.

Non, si vous me le demandez, la hargne envers la ‘brave new world’ de Kagame ne fait que croître. Les gens ont à nouveau peur : de nombreux étrangers sont persuadés que le Rwanda se développe mieux que les pays limitrophes. Mais derrière cette belle façade se cache beaucoup de misère : le Rwanda est un des quelques pays de notre globe où le ciel et l’enfer se touchent.

Kayumba Nyamwasa: Khadaffi et Ben Ali avaient également installé une bonne infrastructure pour leurs citoyens. Mais ceux-ci ont commencé à grogner parce qu’ils étaient exploités et vivaient dans un état policier. Personne ne veut être enfermé dans une cage dorée dans laquelle il est défendu de siffler. Au Rwanda, celui qui donne son avis est jeté irrévocablement en prison.

Toute l’administration officielle tourne mal, parce que les employés ne sont plus sûrs de leurs jobs et doivent souvent survivre en dénonçant leurs collègues. Des hommes d’affaires jaloux accusent leurs concurrents de pratiques malhonnêtes. Dans l’armée, on a peur de parler. Car chacun sait bien que Kagame n’a jamais pu se faire réélire avec 95% des voix.

Patrick Karegeya: Les militaires ont encore plus peur que les citoyens. Leur frustration est très grande. Ils savent mieux que personne ce qui peut arriver s’ils ouvrent la bouche ou refusent un ordre. Car ils font eux-mêmes partie de l’appareil de répression. Au cours des années écoulées, ils ont vu des collègues disparaître et d’autres obligés d’éliminer des camarades.

Via Skype, nous sommes journellement en contact avec d’anciens collègues qui nous le disent. Vous ne me ferez pas croire que les membres des familles de militaires éliminés ou disparus sont encore favorables au régime. Et que les militaires ne savent pas ce qui se passe dans le reste du pays. L’armée fait partie de la société. N’oublions pas non plus que la plupart des soldats sont Hutus. Et commandés par des officiers Tutsis. L’armée Rwandaise s’est conduite jusqu’à présent de manière fort disciplinée, mais les soldats sont aussi des hommes comme vous et moi.

Nos soldats sont très durs et ils supportent quelques coups. Mais Kagame règne momentanément au-dessus d’un volcan qui peut entrer en éruption à tout moment. Quand la bombe va éclater, il ne pourra plus faire appel qu’à un petit nombre de collaborateurs proches qui lui sont toujours restés fidèles et qui ont beaucoup de sang sur les mains. Ceux-là vont disparaître avec lui.

Cela semble très radical. Pensez-vous vraiment qu’une nouvelle guerre civile peut éclater au Rwanda ? Personne ne croit à ce scénario catastrophe et vous pouvez facilement le prétendre pour jeter le discrédit sur le gouvernement actuel.

Patrick Karegeya: Un diplomate étranger m’a posé la même question il y a peu. On ne peut pas continuer plus longtemps à fermer les yeux sur ce qui se passe au Rwanda. La situation est particulièrement grave : un militaire puni peut sans broncher, dans un moment de folie ou de désespoir, prendre son révolver pour abattre Kagame d’une balle dans la tête. Ce qui va se produire ensuite, Dieu seul le sait.

Presque tout le monde a une machette à la maison et il y a beaucoup d’armes en circulation. L’histoire nous a appris que la population Rwandaise, quand elle est frustrée, est capable de tout. Et la plupart de nos mwamis (rois Tutsis) sont morts de manière violente. Des figures comme Jack Nziza vont alors vouloir se présenter pour remplacer Kagame. Mais aucun soldat n’obéira aux ordres de Nziza. L’armée risque de se disloquer et les populations des campagnes peuvent se rebeller. Personne ne désire un tel scénario. Je n’ose pas y penser.

Mais dans ce cas, la communauté internationale ne pourra plus prétendre qu’elle n’était pas au courant de ce qui pouvait se passer. Lorsque l’Akazu, la petite clique qui entourait Habyarimana, était en train de préparer le génocide, les diplomates étrangers étaient aussi au courant des conséquences possibles. Mais personne n’a pu prévoir que le génocide prendrait de telles proportions. Maintenant ils sont au courant ! Ne les laissons donc pas prétendre par la suite qu’ils ont à nouveau été pris par surprise.

Kayumba Nyamwasa: Je suis aussi très inquiet. Mais si demain un attentat est perpétré sur Kagame, la population applaudira. Tous en ont marre de lui. Il vaut mieux éviter un genre de scénario catastrophe comme le présente Patrick. Nous croyons à une solution pacifique.

Etes-vous en contact avec d’autres mouvements d’opposition Rwandais ? Suivez-vous les tribulations de Victoria Ingabire ?

Patrick Karegeya: Cela va de soi! Victoria Ingabire est une femme extrêmement courageuse qui a habité des années durant aux Pays-Bas et qui pensait qu’en rentrant au pays, la période dictatoriale de Kagame pouvait être arrêtée. Son parti, le ‘United Democratic Forces’ (UDF), défend surtout les Hutus modérés.

Kagame a vu en elle une concurrente pour les élections. Si le Rwandais moyen en avait reçu la possibilité, elle aurait été élue brillamment à la présidence. Mais ça ne pouvait se faire. Kagame l’a accusée de discours génocidaire parce qu’elle a osé déclarer en public que les criminels de guerre du parti au pouvoir devaient aussi être traduits devant les juges. Nous sommes également de cet avis. Tout comme Pasteur Bizimungu, elle est en prison à Kigali. Kagame n’ose pas les tuer, parce qu’alors il s’attirerait probablement les foudres des Américains, des Néerlandais et des Belges.

Nous parlons naturellement avec les membres de son organisation. C’est aussi ce que nous faisons avec d’autres mouvements d’opposition. Nous voulons d’abord lancer un large forum d’opposition et ensuite mettre en route notre travail au pays-même. Et ça marche très bien : Kagame ne peut plus se montrer à l’étranger sans qu’il y ait des protestations sur le trottoir devant son hôtel. Chaque mardi, des manifestants se rassemblent devant l’Ambassade du Rwanda à Bruxelles. Les Rwandais de la diaspora n’ont déjà plus peur de réagir. Les Rwandais du pays vont suivre.

J’entends certains étrangers prétendre que le concept de démocratie n’est pas applicable en Afrique et qu’ici, on ne peut gouverner que par la force. C’est de la foutaise. Pourquoi un concept qui fonctionne bien en Europe ou en Amérique ne peut-il pas marcher ici ? Vous ne devez et pouvez pas en priver les Africains. Chacun veut le meilleur pour son pays. Victoire Ingabire le veut aussi et c’est pourquoi nous voulons collaborer avec elle.

Kayumba Nyamwasa: Personne n’aurait pu croire que les Lybiens se révoltent un jour contre Khadaffi. L’homme maintenait son peuple sous sa coupe d’une main de fer. Et voyez ce qui se passe maintenant en Syrie. Naturellement les dictateurs ne se rendent pas sans violence. Pourtant, comparé à Khadaffi ou Assad, Kagame a une base de pouvoir très étroite. J’espère donc que nous pourrons empêcher le pire par la négociation et la diplomatie.

Pourtant, beaucoup pensent que vous travaillez avec les extrémistes Hutus du Congo pour perpétrer des attentats au Rwanda. Parlez-vous avec les Interahamwe du Congo ?

Patrick Karegeya: C’est avec de telles sottises qu’on remplit pour le moment les journaux à Kigali. Ceux qui ne veulent pas publier ça, reçoivent une interdiction de publier. Pas un seul Rwandais qui nous connaît un petit peu ne le croira. Pour Kagame, le FDLR (l’organisation des extrémistes Hutus) est le monstre idéal pour justifier sa présence au Congo. Mais je peux vous garantir que nous ne travaillons pas avec ces gens.

Kayumba Nyamwasa: Pensez-vous vraiment que nous donnerions l’ordre de jeter des grenades sur un marché de Kigali et pour tuer des Rwandais innocents ? Allons donc ! Je crois que vous devriez rechercher les véritables coupables au ministère Rwandais de la Défense. Ou à la ‘présidence’…

Patrick Karegeya: Kagame ne peut survivre que grâce aux Interahamwe (appellation Rwandaise pour les extrémistes Hutus). Nous les avons combattus pendant des années. Notre position est que ceci est un problème Rwandais. Et que ceux qui sont au pouvoir à Kigali doivent trouver une solution pour ces gens. Vous ne pouvez tout de même pas continuer à vous battre contre eux. Si Kagame l’avait voulu, le problème serait déjà résolu depuis longtemps. Maintenant il peut continuer à justifier une grande armée et continuer à persuader le monde entier qu’il doit gouverner son pays d’une main de fer.

Au Mozambique, on a parlé avec le Renamo, en Angola avec l’Unita et ici en Afrique du Sud, l’ANC parle avec les durs du régime de l’Apartheid. J’en conviens, cela ne s’est pas toujours fait sans problèmes. Pourquoi ne pourrions-nous pas parler avec les Interahamwe ?

Etes-vous prêts à reprendre les armes ?

Kayumba Nyamwasa: Non, nous ne pouvons pas continuer à nous battre. Un bon général essaie toujours de gagner des batailles sans combattre. C’est la raison pour laquelle je suis un grand partisan du dialogue et de l’opposition pacifique.

Le Printemps Arabe nous inspire vraiment. Mais contrairement aux nouveaux gouvernements des pays comme la Lybie et l’Egypte, nous voulons être prêts avec un programme convenable et une bonne base politique. Le sang a déjà assez coulé au Rwanda. Mais vous ne pouvez combattre un tel régime que si vous avez la vérité de votre côté. C’est pourquoi j’irai fin mars en Espagne pour contester devant le tribunal les accusations qui sont portées contre moi.

Patrick Karegeya: Nous n’allons combattre avec des armes que lorsque tous les autres moyens seront épuisés. Le temps porte conseil ! Nous espérons que la communauté internationale nous donnera la possibilité de pouvoir organiser notre opposition d’une manière normale. Ici en Afrique, c’est difficile, car Kagame met sous pression tous les présidents qui pourraient nous aider pour nous imposer le silence.

L’auteur Fred Magayani publie cet article sous un pseudonyme pour ne pas mettre en danger sa famille et ses amis au Rwanda.

Rwanda: bwaki noneho yatangiye kwibasira ababyeyi

Rwanda: bwaki noneho yatangiye kwibasira ababyeyi Umutesi-Pacifique-wibasiwe-na-Bwaki-300x224Umubyeyi witwa Umutesi Pacifique utuye mu murenge wa Mbuye akarere ka Ruhango, yibasiwe n’indwara ya bwaki akaba arimo kwitabwaho n’ubuyobozi bw’umurenge.

Umutesi avuga ko iyi ndwara yayitewe n’amikoro macye kuko yibanira na nyirakuru nawe udashoboye. Icyakora umwana we nta kibazo aragaragaraho.

Ubuyobozi bw’akarere ka Ruhango buvuga ko bukimara kubona uyu mubyeyi ngo bwahise bumushyikiriza ubuyobozi bw’umurenge wa Mbuye ngo bumube hafi.

“ubusanzwe hano indwara ya bwaki yagaragaraga mu bana gusa ni ubwambere mbonye umuntu mukuru wibasiwe na bwaki muri aka karere kacu” umuyobozi w’akarere ka Ruhango wungirije ushinzwe imibereho myiza y’amaturage Mugeni Jolie Germaine.

Mugeni avuga ko igihe yatambukaga muri uyu murenge ngo nibwo yabonye Umutesi bwaki imumereye nabi, ahita asaba ubuyobozi bw’umurenge wa Mbuye ku mwitaho.

Kugeza ubu ariko abazi Umutesi mbere, bavugako atangiye gukira kuko ikigo nderabuzima cya Kizibere cyo mu murenge wa Mbuye cyakomeje kumuba hafi.

Iyi ndwara ya bwaki itangiye kwibasira ababyeyi nyuma y’igihe gito ubushakashatsi bugaragaje ko, akarere ka Ruhango kugarijwe n’ikibazo cy’ubukene, kuko abaturage benshi bakigaragara munsi y’umurongo w’ubukene.

Source: Women Hall

 

Igisasu cyaturikiye mu mujyi wa Musanze (Ruhengeri) cyahitanye umuntu umwe abandi batanu barakomereka

Nk’uko inkuru dukesha urubuga igihe.com ibivuga, i Musanze (Mu mujyi wa Ruhengeli) mu Ntara y’Amajyaruguru ku mugoroba w’uyu wa Gatanu tariki 23 Werurwe ahagana i saa moya z’umugoroba haturikiye igisasu cyo mu bwoko butaramenyekana.

Iki gisasu cyaturikiye mu mujyi wa Musanze rwagati, haruguru gato y’ahakorera Equity Bank, imbere y’ahakorera sosiyete itwara abantu n’ibintu Belvedere, ku muhanda ugana ahari ubakwa Gare nshya ya Musanze.

Mu kiganiro cyihariye IGIHE yagiranye n’Umuyobozi w’Akarere ka Musanze, Mpebyemungu Winifrida yavuze ko bikekwa ko iki gisasu uwo cyahitanye atagiteye ahubwo yari agifite.

Yagize ati : « Uko bigaragara ni uko iki gisasu uyu cyahitanye yari agifite ikindi kibyerekana ni uko abandi bakomeretse buhoro bivuye kuri icyo gisasu ndetse nta n’ibyangiritse hafi aho ». Mpebyemungu yanavuze ko ubusanzwe muri aka Karere hari umutekano usesuye ko bidasanzwe ko haturika igisasu.

Nk’uko Umuvugizi wa Polisi y’igihugu Supt. Theos Badege yabitangarije IGIHE, uretse abagize igihunga ariko bakaba basubije umutima mu gitereko, inkomere zakiriwe mu bitaro bya Musanze ni eshanu, naho undi muntu umwe yahasize ubuzima.

Supt. Badege yavuze ko impamvu z’iterwa ry’iki gisasu n’ababigizemo uruhare bitaramenyekana, kandi ko nta n’uwafashwe ariko iperereza ryo ryahise ritangira. Yongeyeho ko uretse ibirahure by’imodoka yari hafi y’aho cyaturikiye byamenetse, nta bindi bintu byahangirikiye.

Source: Igihe.com

RWANDA SENDS FRENCH INVESTIGATORS HOME OVER GENOCIDE CASES

RWANDA SENDS FRENCH INVESTIGATORS HOME OVER GENOCIDE CASES qxgF4Rt1

Martin Ngoga

Rwanda last week sent home a French rogatory commission to protest France’s slow handling of genocide cases, Prosecutor General Martin Ngoga said on Thursday. The commission had come to investigate cases of Rwandans living in France who are accused of participating in the 1994 genocide.

“We told them go back until you are ready to do serious business, then we would be ready to work with you,” Ngoga told a press conference in Arusha.

There are about 20 cases in France of Rwandans under investigation for alleged participation in the genocide, but no trial has yet been started. “France has been very disappointing in terms of how they handle genocide cases,” Ngoga said.

Ngoga told journalists the team of investigators sent back from Rwanda were on their 35th visit. “In our statistics, France has sent more rogatory commissions to Rwanda than any other European country,” he added.

According to him, there have been 18 cases of genocide suspects arrested in France and later released for different reasons, as well as a case file that recently went missing.

“I think if France does not change the way they have been handling genocide cases, we (prosecution in Rwanda) will have to reassess our working relations with them,” said Ngoga. “ We cannot continue to take simplistic excuses like there is no budget. You can’t talk about budget in genocide cases in a country like France.”

 FK/NI/JC

 Source: Hirondelle News

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