Les détenus d’Arusha réagissent au rapport balistique

Les détenus d'Arusha réagissent au rapport balistique ictr-logo3-300x282Les critiques apportées au rapport balistique dans le cadre de l’enquête sur l’attentat contre l’avion du président Habyarimana fusent. La dernière en date est celle des détenus d’Arusha dont nous reproduisons ci-après de larges extraits.

« Depuis la sortie du rapport d’expertise commandé par les juges français chargés d’instruire la plainte des familles dont les membres ont péri dans l’attentat contre l’avion du Président Habyarimana, le 6 avril 1994, le régime FPR et ses supporteurs ont crié sur tous les toits que ce rapport innocente Kagame et ses complices. Ils ont crié victoire et inondé, avec chantages, les médias nationaux et internationaux de mensonges qui font dire à ce rapport balistique ce qu’il ne dit pas. Tout en la trouvant déplacée, d’autres opinions ont considéré que cette campagne médiatique cadrait parfaitement avec les manipulations et la propagande habituelle du régime FPR pour assurer son impunité ». Les détenus d’Arusha ont l’espoir « que la Justice française ne succombera pas à cette campagne médiatique déloyale et suivra normalement son cours pour établir la vérité ».

Les détenus du TPIRont procédé à une analyse critique du rapport d’expertise produit par le collège d’experts sur l’attentat contre l’avion du Président Habyarimana le 06 avril 1994 à Kigali. Elle fait ressortir les points saillants suivants :

« Le collège d’experts s’est laissé influencer par le gouvernement de Kigali dans le choix des témoins rencontrés sur le terrain et dans la détermination des positions probables de tir des missiles ». Ainsi sur les douze témoins retenus, neuf ont témoigné devant la Commission Mutsinzi et ce sont ces neuf témoins seulement que le Collège d’experts a privilégié et les rencontrés sur le terrain.

Le Collège d’experts n’a donné aucune indication sur les raisons qui l’ont poussé à ne pas rencontrer les autres témoins restants.

« Les déclarations des témoins rencontrés sur le terrain sont incohérentes et contredites par celles nettement plus crédibles des témoins que le collège d’experts n’a pas cherché à rencontrer ; »

« Contrairement à l’hypothèse retenue par le collège d’experts après avoir mis arbitrairement de côté certains éléments du dossier. Se fondant sur ces éléments écartés, les détenus ont formulé l’hypothèse que l’impact du missile sur l’avion a eu lieu tout près de la colline Runyonza ; »

Les détenus d’Arusha sont d’avis « que le collège d’experts a proposé l’intervention tardive de l’expert en acoustique parce qu’il avait besoin d’une base technique pour écarter les témoins crédibles qui affirment que les tirs de missiles sont partis de Masaka ». Ils ont souligné que « l’expert acousticien n’a pas été au Rwanda pour visiter les lieux. Il a mené ses expériences sur base de simulation effectuée en France dans des conditions environnementales complètement différentes de celles de Masaka et Kanombe. aussi bien en 2011 qu’en avril 1994 ». Il se pose alors « des questions sur les motifs qui ont poussé le collège d’experts à […] suggérer si tardivement l’intervention de cet expert. La seule réponse plausible […] parait être le poids disproportionné accordé à son expertise dans les conclusions du rapport final présentées aux parties, le 10 janvier 2012 ».

N’est-il pas interpellant de constater que le collège des experts qui devait présenter son rapport le 31 mars 2011 au plus tard, ait réclamé, le 17 mars 2011, soit deux semaines avant cette date limite, « l’extension de délai et la désignation d’un expert acousticien. L’expert acousticien fut commis le 29 mars 2011. Il n’est pas compréhensible que le collège d’expert ait attendu le moment de tirer les conclusions définitives de son rapport pour constater qu’il avait besoin de l’assistance d’un autre expert acousticien non prévu dans les termes de référence ». Il faut préciser que les experts avaient suffisamment de temps pour réclamer l’intervention des techniciens nécessaires à leur travail sur le terrain car ils ont été désignés le 20 avril 2010 et ont séjourné au Rwanda du 12 au 17 septembre 2010.

Dans leur analyse, les détenus d’Arusha ont « constaté que. pour arriver à sa conclusion que Kanombe serait le lieu le plus probable d’où auraient été tirés les missiles sur l’avion du Président Habyarimana, le 6 avril 1994, le collège d’experts s’est beaucoup servi du rapport partial du gouvernement rwandais et s’est fondé presque exclusivement sur les témoins entendus par le comité Mutsinzi ».

Pour les détenus d’Arusha, « le collège d’experts a été influencé par les autorités rwandaises. Il a bâti ses hypothèses de travail sur des témoignages peu fiables, recueillis 14 ans après les événements après avoir écarté sans motifs valables les témoignages de loin plus crédibles car contemporains aux événements. Il a accordé une importance déterminante aux conclusions de l’expert acoustique qui n’a pas visité les lieux du crime mais s’est contenté des simulations effectuées en France sur un terrain dont les conditions environnementales sont différentes de celles de Kanombe et Masaka, aussi bien en 2011 qu’en avril 1994 ».

« Eu égard à tout ce qui précède, il serait hasardeux de retenir la suggestion du collège d’experts selon laquelle les missiles auraient été lancés à partir de Kanombe et que le point d’impact du missile sur l’avion se trouverait à 400 m du point d’impact au sol. Selon toute évidence, «  les tirs de missiles sont partis de Masaka comme l’affirment les témoins plus crédibles. De même, le point d’impact du missile sur l’avion ne se situe pas au-dessus de la colline Kanombe mais bel et bien près de la colline Runyonza, comme observé par le témoin Gashoke ».

Les détenus d’Arusha estiment « que les déclarations des témoins crédibles devraient, prioritairement et sans déformation, être prises en considération et, si nécessaire, une contre-expertise menée, afin de tirer les conclusions définitives sur le lieu de tir des missiles qui ont abattu le Falcon 50 du Président Habyarimana, dans la nuit du 06 avril 1994 ».

en ouvrant le lien ci-dessous vous pouvez avoir l’accès à l’analyse

http://www.musabyimana.net/fileadmin/user_upload/documents/2012/analyse_detenus_TPIR.pdf

Source: www.musabyimana.net

 

 

 


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